Un enfant regarde une boîte pleine de pièces. Il ne voit peut-être que des roues, des fils et des vis. Puis il commence. Une pièce rejoint une autre. Le robot bouge un peu, tombe, recommence et finit par avancer. À cet instant, l’enfant ne construit pas seulement une machine. Il construit aussi une nouvelle idée de lui-même : « Je peux comprendre. Je peux créer. Je peux trouver une solution. »

Et si apprendre ressemblait davantage à cela ?

Beaucoup d’enfants connaissent une école où il faut surtout écouter, copier et retenir. Ces choses sont utiles. Mais elles ne suffisent pas toujours. Un enfant grandit aussi en touchant, en testant, en posant des questions et en faisant des erreurs. Il apprend quand il peut relier une idée à quelque chose de réel.

C’est là que l’éducation pratique et ludique devient importante. « Ludique » ne veut pas dire inutile. Cela veut dire que l’enfant apprend par une activité qui lui donne envie de continuer. Un jeu de cartes peut réveiller sa curiosité. Un dessin peut lui faire découvrir son patrimoine. Un robot peut lui montrer à quoi servent les mathématiques, la logique, la science et le travail en équipe.

Quand l’enfant agit, la leçon prend vie. Un calcul sert à mesurer. Une phrase sert à présenter une idée. Un schéma sert à expliquer un mécanisme. Même une erreur devient utile, car elle dit : « Essaie autrement. » C’est une façon plus complète d’apprendre. Elle nourrit les connaissances, mais aussi la patience, le courage et la confiance.

Cérémonie d’ouverture du FIRST Global Challenge 2024, avec des délégations de jeunes du monde entier
Une cérémonie du FIRST Global Challenge en 2024. Photo : FIRST Global.

Team Benin porte bien plus qu’un robot

En octobre 2026, Team Benin représentera fièrement le Bénin au FIRST Global Challenge, à Incheon, en République de Corée. L’événement aura lieu du 7 au 10 octobre et réunira des élèves de plus de 190 pays. FIRST Global présente cette rencontre comme une compétition internationale de robotique « dans l’esprit des Jeux olympiques ». Chaque nation vient avec une équipe. Chaque équipe construit et programme un robot.

Mais la compétition ne parle pas seulement de gagner. Les jeunes doivent aussi collaborer avec des personnes qui ne parlent pas toujours la même langue et qui ne vivent pas la même réalité. Ils doivent écouter vite, expliquer clairement, rester calmes et prendre une décision ensemble. La technologie devient alors un pont.

Le portrait officiel de Team Benin 2026 présente des jeunes de 15 à 18 ans. Ils aiment aussi lire, écouter de la musique, jouer et faire du sport. Ces détails comptent : les personnes derrière le robot sont des adolescents comme tant d’autres. Leur curiosité leur a donné une occasion de construire quelque chose d’extraordinaire.

Pour Team Benin, chaque test compte. Derrière un robot qui roule, il y a des heures de travail. Il faut imaginer, mesurer, assembler, coder, vérifier et recommencer. Une idée peut sembler parfaite sur le papier et ne pas fonctionner dans la vraie vie. Il faut alors accepter de revoir le plan. C’est une grande leçon pour l’école, mais aussi pour la vie.

Ces jeunes ne partent pas seulement avec leurs outils. Ils partent avec les couleurs du Bénin, le soutien de leurs familles, le temps donné par leurs mentors et les rêves de beaucoup d’enfants qui les regarderont. Quand une équipe nationale entre dans une salle remplie de drapeaux, elle dit au monde : « Le Bénin est ici. Nos jeunes savent créer. Ils ont leur place dans le futur. »

Jeunes participants au FIRST Global Challenge 2023 à Singapour
Des jeunes au FIRST Global Challenge 2023 à Singapour. Photo : FIRST Global.

En 2026, les robots s’attaquent au risque des feux

Le thème de cette année s’appelle Igniting Innovation, que l’on peut comprendre comme « allumer l’étincelle de l’innovation ». Les équipes travaillent autour d’un problème grave : les feux de végétation. Elles explorent comment la technologie peut aider à prévenir les feux, réduire leurs dégâts et soutenir les communautés après un incendie.

Sur le terrain de jeu, le problème est simulé. Pourtant, la réflexion est bien réelle. Comment repérer un danger plus tôt ? Comment protéger des personnes et des espaces naturels ? Comment utiliser des données, des capteurs ou une application pour mieux décider ? Ces questions montrent aux jeunes que la technologie n’est pas seulement un téléphone plus rapide ou un nouveau gadget. Elle peut répondre à un besoin proche de chez eux.

C’est aussi une façon forte d’enseigner la responsabilité. Savoir coder est utile. Savoir pourquoi on code l’est encore plus. Un enfant qui apprend à chercher une solution pour sa communauté comprend que la science peut servir les autres.

Cérémonie réunissant les équipes nationales du FIRST Global Challenge 2025
Des équipes réunies au FIRST Global Challenge 2025. Photo : FIRST Global.

Pourquoi les défis aident-ils un enfant à grandir ?

Un défi bien choisi ne dit pas à l’enfant qu’il est incapable. Il lui dit qu’il peut progresser. La différence est immense. Construire un robot est difficile. Il y a des pièces que l’on ne comprend pas, des programmes qui refusent de fonctionner et des délais qui semblent trop courts. Mais chaque petit problème résolu devient une preuve.

L’enfant apprend d’abord à ne pas avoir peur de la difficulté. Ensuite, il apprend à découper un grand problème en petites étapes. Il apprend à demander de l’aide sans abandonner sa propre réflexion. Il découvre aussi que l’idée d’un camarade peut améliorer la sienne.

Ces compétences portent parfois des noms compliqués : pensée critique, créativité, communication, collaboration. Pour un enfant, elles peuvent se résumer ainsi : observer, réfléchir, essayer, parler et avancer ensemble. Ce sont des outils qui restent utiles bien après la compétition.

  • Une erreur devient une information, pas une honte.
  • Une grande mission devient une suite de petits pas.
  • Une équipe apprend à utiliser les forces de chacun.
  • Un enfant découvre qu’il peut fabriquer, pas seulement consommer.

Le vrai défi commence parfois avant le robot

Tous les enfants ne rencontrent pas la technologie de la même manière. Certains ont très tôt accès à un ordinateur, à des kits, à des ateliers et à des adultes qui peuvent les guider. D’autres sont curieux, mais ne savent pas par où commencer. Il peut manquer le matériel, la connexion, l’information ou simplement une personne qui dise : « Tu peux le faire. »

Les filles rencontrent souvent un obstacle de plus. Elles voient encore trop peu de femmes présentées comme programmeuses, ingénieures ou créatrices de technologie. Certaines finissent par croire que ces domaines ne sont pas pour elles, alors que leur talent n’a jamais eu la chance d’être testé.

Le problème n’est donc pas un manque d’intelligence. C’est souvent un manque d’occasions. Donner une occasion ne règle pas tout en un jour. Mais cela ouvre une porte. La première fois qu’une fille programme un mouvement, branche un moteur ou défend son idée devant un groupe, une limite invisible commence à tomber.

FemCoders crée ces premières occasions

Depuis le Bénin, FemCoders agit pour rapprocher les jeunes de la technologie. L’initiative a été créée avec une conviction simple : les enfants et les jeunes femmes ne doivent pas seulement entendre parler du numérique. Ils doivent pouvoir le toucher, le comprendre et s’en servir pour créer.

Parmi ses actions se trouve le Girls-Focused Robotics Training Programme, conçu après la participation du Bénin au FIRST Global Challenge de 2017. Son but est de permettre à davantage de jeunes, surtout des filles, de découvrir la robotique. FemCoders explique que les élèves y apprenaient les bases, assemblaient et programmaient un robot mBot, avec aussi des séances d’anglais. À Cotonou, une formation de 2018 au Lycée Technique Coulibaly a réuni environ 50 filles et 20 garçons pendant six semaines. Ces chiffres décrivent cet atelier, et non Team Benin 2026.

Ce choix compte. Une jeune fille qui se voit réussir aujourd’hui peut choisir une filière scientifique demain. Elle peut ensuite créer une entreprise, enseigner à d’autres enfants ou résoudre un problème que personne n’avait encore regardé de cette façon. L’effet d’un atelier peut donc aller bien plus loin que la journée elle-même.

FemCoders participe aussi à l’écosystème qui rend possible l’aventure de Team Benin. Former, encadrer et rendre la robotique visible aide à bâtir une suite. Une équipe nationale inspire des enfants. Ces enfants rejoignent un atelier. Certains deviennent ensuite membres d’une autre équipe, mentors ou ingénieurs. Voilà comment une étincelle devient une chaîne de possibilités.

Quatre élèves du programme de robotique FemCoders présentent des pièces de robot devant la bannière de formation
Des participantes à une formation FemCoders au Lycée Technique Coulibaly, en 2018. Photo : FemCoders. Il s’agit des archives du programme, pas de l’équipe 2026.
Des élèves et des formatrices FemCoders présentent leurs manuels de robotique
Des participantes et formatrices avec leurs manuels de robotique, en 2018. Photo : FemCoders.
Groupe d’élèves et de formateurs du programme FemCoders devant leur école
Une promotion du programme de robotique centré sur les filles, en 2018. Photo : FemCoders.

Le jeu n’est pas l’opposé du sérieux

Chez Glim, nous aimons une idée toute simple : l’éducation devrait être amusante, et elle le sera. Cela ne veut pas dire que tout sera facile. Cela veut dire que l’apprentissage peut donner de la joie, créer un souvenir et donner envie de revenir.

Un enfant retient mieux ce qui lui parle. Quand il joue avec une question, construit un objet ou raconte ce qu’il vient de découvrir, il devient acteur. Il n’attend plus seulement la bonne réponse de l’adulte. Il cherche. Cette énergie est précieuse, car la curiosité est souvent le premier moteur de l’apprentissage.

La robotique montre bien cette idée. Elle ressemble à un jeu, avec une mission, des règles et un temps limité. Mais elle demande aussi de vraies connaissances. Les jeunes utilisent leur tête et leurs mains. Ils vivent la tension du test, la joie d’un mécanisme qui fonctionne et la fierté de voir leur équipe avancer.

Ce que les adultes peuvent faire maintenant

Il n’est pas nécessaire d’être ingénieur pour aider un enfant à aimer la science. Un parent peut demander : « Comment penses-tu que cela fonctionne ? » Un enseignant peut laisser quelques minutes de plus pour tester une idée. Une entreprise peut soutenir un atelier ou fournir du matériel. Un média peut montrer les jeunes qui créent, pas seulement les adultes qui réussissent déjà.

Nous pouvons aussi faire attention aux mots. Dire à un enfant qu’il est « nul en maths » peut fermer une porte. Lui dire qu’il n’a pas encore trouvé la méthode lui laisse une chance. Valoriser l’effort ne veut pas dire ignorer le résultat. Cela veut dire reconnaître le chemin qui permet d’y arriver.

Et surtout, montrons des exemples proches. Quand un enfant béninois voit Team Benin représenter son pays, l’avenir paraît moins lointain. Le héros n’est plus seulement dans un film. Il peut avoir son accent, vivre dans sa ville et avoir commencé avec peu de choses.

Un message de Glim

Bonne chance, Team Benin !

À toute l’équipe, Glim souhaite du courage pour les derniers tests, de la patience pour les jours difficiles et beaucoup de joie à Incheon. Que votre robot vous ressemble : ingénieux, solide et prêt à avancer.

Peu importe le classement final, vous avez déjà accompli quelque chose de grand. Vous montrez aux enfants du Bénin qu’ils peuvent apprendre la technologie, travailler avec le monde et porter leur pays avec fierté. Vous ne transportez pas seulement un robot. Vous transportez une preuve : nos jeunes ont des idées, du talent et une place à prendre.

Allez Team Benin. Faites du bruit. Posez des questions. Aidez les autres équipes. Réparez ce qui casse. Célébrez chaque petit progrès. Et revenez avec des histoires qui donneront à d’autres enfants l’envie de commencer.

Sources et liens utiles

Les dates, le lieu, le nombre de pays et le thème 2026 viennent de FIRST Global. Le portrait de Team Benin 2026 présente l’équipe et sa photo. FemCoders raconte la création du programme de robotique centré sur les filles et la formation au Lycée Technique Coulibaly en 2018. Les photos de formation de FemCoders sont aussi consultables sur leur compte. Retrouvez enfin les photos publiées par Team Benin sur Facebook.

Questions fréquentes

En bref

Qu’est-ce que le FIRST Global Challenge ?

C’est une compétition internationale de robotique pour les jeunes. Chaque pays envoie une équipe qui construit et programme un robot, puis coopère avec des équipes d’autres nations.

Quand aura lieu l’édition 2026 ?

Le FIRST Global Challenge 2026 est annoncé du 7 au 10 octobre 2026 à Incheon, en République de Corée.

Quel est le thème de 2026 ?

Le thème Igniting Innovation invite les jeunes à imaginer des solutions liées à la prévention, à la réduction des risques et à la récupération après les feux de végétation.

Quel est le rôle de FemCoders ?

FemCoders accompagne des jeunes dans la technologie et la robotique. Son programme de formation en robotique centré sur les filles aide aussi à réduire le manque de représentation féminine dans les sciences et la technologie.