Premier jour des vacances : les enfants dorment tard, puis regardent un dessin animé. Deuxième jour : un peu de jeux vidéo « juste pour se détendre ». Au quatrième jour, la tablette, la télévision ou le téléphone semblent avoir pris le contrôle de la maison. Et dès qu'on les éteint : « Je m'ennuie ! »

Beaucoup de parents vivent cette situation. Et beaucoup se sentent coupables. Pourtant, le problème n'est pas l'écran en soi. C'est plutôt qu'il remplit tout l'espace laissé vide quand l'école s'arrête.

La solution n'est pas un programme militaire, ni une interdiction totale. C'est une semaine souple, avec des repères simples, où l'écran a sa place, mais pas toute la place.

Pour les repères selon l’âge, consultez le guide Écrans et enfants : combien d’heures par jour ?. Ici, on parle d'organisation concrète des journées de vacances.

La réponse rapide

Pour occuper les enfants pendant les vacances sans écran toute la journée :

  1. fixer des moments d'écran, plutôt que des interdictions floues ;
  2. créer un rythme de journée simple : matin actif, midi calme, fin d'après-midi dehors ;
  3. préparer un « menu » d'activités que l'enfant peut choisir seul ;
  4. garder du repos et du temps libre, y compris l'ennui ;
  5. impliquer les enfants dans la vie de la maison : cuisine, marché, bricolage ;
  6. prévoir une ou deux sorties par semaine selon le budget ;
  7. montrer l'exemple avec ses propres écrans, autant que possible.

Pourquoi l'écran prend autant de place en vacances

Pendant l'école, la journée a un cadre : réveil, cours, récréation, devoirs, coucher. En vacances, ce cadre disparaît. Or l'écran est l'activité la plus facile : elle ne demande ni préparation, ni matériel, ni partenaire.

Il y a aussi une réalité pour beaucoup de parents : ils travaillent pendant les vacances de leurs enfants. L'écran devient alors une aide pour garder les enfants occupés. Ce n'est pas un échec. Il s'agit simplement de trouver un meilleur équilibre, dans les limites de ce qui est possible pour chaque famille.

L'Organisation mondiale de la santé recommande de limiter le temps de sédentarité des enfants et des adolescents, en particulier le temps d'écran de loisir, et de leur permettre de bouger chaque jour. L'Académie américaine de pédiatrie propose de son côté d'établir un « plan média familial » : des règles décidées ensemble sur les moments, les lieux et les contenus d'écran.

Étape 1 : décider des moments d'écran

Les règles floues comme « pas trop d'écran » créent des disputes à chaque fois. Des règles claires, décidées à l'avance, évitent de négocier toute la journée.

Quelques exemples de règles simples :

  • l'écran de loisir vient après une activité dehors ou une tâche de la maison ;
  • pas d'écran pendant les repas ;
  • pas d'écran dans la chambre la nuit ;
  • un moment d'écran à heure fixe, par exemple en début d'après-midi, pendant les heures chaudes ;
  • l'écran s'éteint un moment avant le coucher.

On peut faire la liste de ces règles avec les enfants et l'afficher sur le frigo ou la porte. Les enfants respectent mieux une règle qu'ils ont aidé à écrire.

Tous les écrans ne se valent pas

Regarder un documentaire avec ses parents, appeler la grand-mère en vidéo, créer une musique ou apprendre une danse n'a pas le même effet que faire défiler des vidéos seul pendant des heures. On peut valoriser les usages actifs, créatifs ou partagés.

Étape 2 : créer un rythme de journée

Un rythme n'est pas un emploi du temps minute par minute. C'est une trame qui donne des repères.

Un exemple de journée souple

  • Matin** : réveil sans alarme, petit-déjeuner, petite tâche de la maison (ranger sa chambre, aider au marché, arroser les plantes).
  • Fin de matinée** : activité active ou créative (jeu dehors, bricolage, cuisine).
  • Midi** : repas.
  • Début d'après-midi** : temps calme. Sieste, lecture, écran à heure fixe.
  • Fin d'après-midi** : dehors, quand il fait plus frais (ballon, vélo, corde à sauter, visite chez un cousin).
  • Soir** : repas en famille, jeu de société ou conte, coucher.

Cet exemple convient bien au climat du Bénin, où les heures les plus chaudes invitent au calme. Pour les familles de la diaspora, on peut adapter selon la saison et la lumière.

Les jours ne se ressemblent pas

Certains jours sont remplis (visite familiale, sortie), d'autres très tranquilles. C'est normal. Le rythme sert de repère, pas de contrainte.

Étape 3 : préparer un « menu » d'activités

Quand un enfant dit « je m'ennuie », il a souvent besoin d'une idée pour démarrer. Un « menu » affiché au mur lui permet de choisir seul.

Idées pour le menu

Bouger

  • Corde à sauter, marelle, ballon
  • Parcours d'obstacles dans la cour
  • Danse sur une chanson préférée
  • Jeux traditionnels avec les enfants du quartier

Créer

  • Dessin, peinture, collage
  • Bracelets de perles
  • Pâte à sel ou pâte à modeler maison
  • Fabriquer un jouet avec des objets recyclés (voiture en boîte, tambour en boîte de conserve)

Lire et écouter

  • Un livre ou une bande dessinée
  • Une histoire racontée par un grand-parent
  • Un livre audio ou un podcast pour enfants

Réfléchir

  • Puzzle, jeux de cartes, awalé, dames, échecs
  • Mots croisés, devinettes
  • Construire une cabane avec des draps

Aider

  • Préparer un plat simple
  • Trier le riz ou les haricots
  • Arroser le jardin, s'occuper des animaux
  • Laver le vélo, ranger les chaussures

On peut écrire chaque idée sur un petit papier et les mettre dans un bocal. L'enfant qui s'ennuie tire un papier au hasard. Ce petit jeu rend le choix plus amusant.

Étape 4 : laisser de la place au repos et à l'ennui

Il n'est pas nécessaire de remplir chaque moment. Les enfants sortent d'une année scolaire fatigante. Ils ont besoin de ne rien faire, de rêvasser, de traîner.

L'ennui a même un intérêt : c'est souvent dans ces moments que l'enfant invente un jeu, commence un dessin ou lance une histoire avec sa sœur. Le guide Faut-il occuper chaque minute des enfants ? développe ce sujet.

La clé est de ne pas remplir chaque minute vide avec l'écran. Quand l'enfant dit « je m'ennuie », on peut répondre : « C'est normal. Regarde le bocal à idées, ou invente quelque chose. »

Étape 5 : faire participer les enfants à la vie de la maison

Les vacances sont une belle occasion d'apprendre des choses qu'on n'a pas le temps d'apprendre pendant l'année :

  • cuisiner** : préparer la bouillie, faire des beignets, presser un jus ;
  • aller au marché** : faire une liste, comparer les prix, compter la monnaie ;
  • bricoler** : réparer un jouet, peindre une chaise, fabriquer une étagère simple avec un adulte ;
  • jardiner** : planter des graines de piment, de tomate ou de basilic et les suivre chaque jour.

Ces activités ont un double avantage : l'enfant apprend concrètement, et il se sent utile. Les maths, la lecture, les sciences se glissent sans qu'on les appelle ainsi.

Étape 6 : prévoir une ou deux sorties par semaine

Une sortie donne un point fort à la semaine. Elle n'a pas besoin d'être coûteuse :

  • visite chez des grands-parents, oncles ou tantes ;
  • promenade dans un parc, sur la plage ou au bord d'un lac ;
  • visite d'une bibliothèque ou d'un centre culturel ;
  • découverte d'un atelier d'artisan (couturier, forgeron, potier) ;
  • sortie au marché pour une mission précise.

Pour les familles au budget plus confortable : musée, stage de vacances, journée dans une autre ville.

Étape 7 : montrer l'exemple

Les enfants observent beaucoup ce que font les adultes. Si le téléphone du parent est toujours à la main, il est difficile d'expliquer pourquoi la tablette doit rester éteinte.

Personne n'est parfait, et beaucoup de parents ont besoin de leur téléphone pour travailler. Mais quelques gestes aident :

  • poser son téléphone pendant les repas ;
  • dire à voix haute quand on l'utilise pour une raison précise : « Je réponds à un message de travail, puis je le pose » ;
  • partager un moment sans écran chaque jour : jeu, balade, conte.

Une semaine type, à adapter

JourPoint fortÉcran
LundiCuisine ensembleTemps calme de l'après-midi
MardiJeux dehors avec les voisinsTemps calme de l'après-midi
MercrediSortie (famille, parc, bibliothèque)Un peu le soir
JeudiBricolage ou jardinageTemps calme de l'après-midi
VendrediSoirée jeux de sociétéFilm en famille
SamediJournée libreSelon les règles de la famille
DimancheVisite familialeAppel vidéo aux proches

Ce tableau n'est qu'un exemple. L'important est que chaque jour ait un moment fort, et que l'écran ait un moment défini.

Quand l'enfant proteste

Au début, surtout si l'écran prenait beaucoup de place, il y aura des protestations. C'est normal. Quelques conseils :

  • rester calme et cohérent ;
  • rappeler la règle écrite ensemble ;
  • proposer une alternative concrète, pas seulement un « non » ;
  • valoriser les moments réussis : « Tu as passé l'après-midi à construire cette cabane, elle est incroyable ! »

Après quelques jours, la plupart des enfants trouvent leur rythme.

Checklist des vacances équilibrées

  • Des règles d'écran écrites avec les enfants
  • Un rythme de journée simple
  • Un « menu » ou un bocal à idées d'activités
  • Des tâches de la maison adaptées à l'âge
  • Du temps libre, et le droit de s'ennuyer
  • Une ou deux sorties par semaine
  • Des moments sans téléphone pour les adultes aussi

En résumé

Occuper les enfants pendant les vacances sans écran toute la journée, ce n'est pas remplir chaque heure. C'est leur offrir un cadre, quelques idées et beaucoup de liberté. L'écran reste possible, mais il devient un moment parmi d'autres, et non le seul refuge contre l'ennui.

Les souvenirs de vacances qui restent sont rarement ceux passés devant un écran. Ce sont plutôt la cabane construite avec les cousins, le gâteau raté mais mangé quand même, la balade au marché avec papa.

Questions fréquentes

Faut-il interdire complètement les écrans pendant les vacances ? Ce n'est pas nécessaire. L'objectif est l'équilibre : des moments d'écran définis, et beaucoup de temps pour bouger, créer, jouer et se reposer. Les repères selon l’âge sont détaillés dans le guide Écrans et enfants : combien d’heures par jour ?.

Mon enfant dit toujours qu'il s'ennuie sans écran. Que faire ? C'est fréquent au début. Un « menu » d'activités affiché ou un bocal à idées l'aide à choisir seul. L'ennui peut aussi être l'occasion d'inventer quelque chose, à condition de ne pas le combler immédiatement.

Comment faire quand on travaille pendant les vacances des enfants ? On peut préparer la veille une ou deux activités simples, confier un rôle aux aînés ou aux grands-parents, et placer le moment d'écran pendant les heures où l'on est le moins disponible. L'essentiel est d'avoir un cadre prévisible.

Quelles activités sans écran proposer à un adolescent ? Cuisine, sport, musique, bricolage, bénévolat, aide dans une activité familiale, projets personnels (photo, vidéo créative, écriture). Les adolescents adhèrent plus facilement quand ils choisissent eux-mêmes.

Sources